Thibault Muzergues and Michael Druckman for Le Monde: L’Ukraine croit en l’Occident, n’abandonnons pas les Ukrainiens ! (in French)

2024-01-08 | Expert publications

Les politistes Michael Druckman et Thibault Muzergues, du think tank International Republican Institute, constatent que l’Occident est moins empressé à aider l’Ukraine. Ce pays résiste pourtant toujours à l’offensive russe et garde le regard tourné vers l’Ouest.

Une humeur sombre semble s’être emparée de l’Occident en ce début d’hiver, tandis que l’Ukraine continue de se battre pour son indépendance face à l’invasion russe, loin de nos regards, tournés logiquement vers Israël ces derniers mois. Comme le dit l’hymne national ukrainien, « l’Ukraine n’est pas encore morte »>, et elle le doit avant tout à ses citoyens, qui contribuent chaque jour à l’effort de guerre – mais aussi au soutien financier et matériel de l’Occident, qui permet de tenir le choc face à l’invasion russe.

Et c’est justement de ce soutien qu’il est question aujourd’hui, des deux côtés de l’Atlantique, alors que le doute s’est installé cet automne sur les capacités de Kiev à faire la différence et gagner cette guerre – un doute savamment cultivé par le Kremlin et ses alliés, qui mènent depuis la fin de l’été une offensive médiatique bien plus efficace que son offensive terrestre actuelle.

Ces avancées russes sur le front intérieur occidental doivent alarmer nos dirigeants qui, à Bruxelles comme à Washington, négocient en ce moment de nouveaux paquets d’aide financière et militaire à l’Ukraine – des paquets à même de remettre le Kremlin sur la défensive et permettre à Kiev d’aborder d’éventuelles négociations en position de force, voire de bouter l’envahisseur hors du pays si celui-ci s’entête à vouloir occuper un territoire qui ne lui appartient pas.

L’enjeu de l’opinion publique occidentale est crucial, et Moscou mise depuis le début sur la lassitude des Européens et des Américains. On a pu voir les relais de Vladimir Poutine s’activer sur les réseaux sociaux et les plateaux de télévision, véhiculant des vieux clichés sur l’invincibilité de l’armée russe (pourtant mise à mal depuis 2022), ou encore les tares de l’Ukraine.

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